
Le village englouti
Installation in-situ en bois pour l'exposition temporaire Entrelacs 2026
Parc du héron, Villeneuve d'Ascq
Assisté par Laurent Espiasse Espiasse et Juliette Stoltz
À la surface du lac, seuls émergent quelques toits.
Ils semblent flotter, silencieux, comme les derniers vestiges d’un village disparu. Ces fragments suggèrent qu’une petite cité existait ici autrefois, avant que l’eau ne monte, lentement, jusqu’à recouvrir les maisons, les rues, les souvenirs.
Ces toits deviennent les seuls témoins visibles d’une présence humaine passée. Ils ne racontent pas une catastrophe brutale, mais une disparition progressive, presque douce, comme si le paysage avait repris ce qui lui appartenait.
Les toitures sont réalisées à partir de matériaux de récupération : planches de bois usées, tuiles de seconde main, éléments hétérogènes assemblés simplement. Cette économie de moyens confère à l’ensemble un charme désuet, proche de l’architecture vernaculaire, et renforce l’impression d’un village modeste, ordinaire, aujourd’hui oublié.
Installée directement sur l’eau, l’œuvre dialogue avec le lac comme un espace de mémoire. Elle invite le visiteur à imaginer ce qui se trouve sous la surface : des maisons entières, des vies quotidiennes, des rues peut-être. Le lac devient alors une archive liquide, un lieu où le temps s’est déposé.
Entre fiction et réalité, “Le village englouti” questionne notre rapport aux paysages transformés, aux territoires submergés, que ce soit par l’eau, par l’oubli, ou par les mutations climatiques.